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   CENTRE CULTUREL DES ALEVIS DE TURQUIE A SELESTAT

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SOMMAIRE
- QUI SONT LES ALEVIS
- HISTORIQUE DE L'IMMIGRATION ALEVIE
- DIFFICULTE DE NOTRE PUBLIC
- FUAF
- ALEVISME
- MUSAHIP ( "FRÈRE DE L'AU-DELÀ")
- LES ALEVIS EN TURQUIE
LES PERSECUTION ET PREJUDICE SUR LES ALEVIS
- UNE RENAISSANCE ALEVI


 



Qui sont les Alevis

 

D’un point de vue démographique, les Alévis représentent une population minoritaire en Turquie. Effectivement car la population de Turquie s’élève aujourd’hui à 70 millions d’habitants tandis que les Alévis représentent à peu prés un tiers de cette population.
Cependant, ces derniers possèdent une très riche culture d’origine multiple qui apparaît dans leurs traditions, dans leur littérature, leur poésie et leur musique : la doctrine philosophique Alévie est une synthèse des différentes civilisations, cultures et croyances. Ce mélange de pensées et de cultures a donné naissance à un esprit de supra confessionnalisme empreint de tolérance et d’humanisme.

L’Alévisme n’est pas une religion, c’est un phénomène social qui repose à la fois sur l’attachement à des traditions et des croyances plus ou moins anciennes mais aussi sur un mode de vie qui était au départ tribal.

Du point de vue des croyances, l’Alévisme est populaire.  Mais c’est aussi et surtout une réaction contre le dogmatisme et la rigidité de la religion officielle qui est l’Islam sunnite. Les apports externes et l’évolution historique ont modifié profondément l’Alévisme dont le rituel et la liturgie est entièrement en turc, contrairement à l’Islam sunnite qui garde l’arabe sans possibilité d’accès à la compréhension du manque.

La doctrine Alévie prend sa source dans les traditions des anciens peuples Turcs, des peuples nomades, semi-nomades puis sédentaires qui ont habités dans les contrées de l’Asie Centrale au Proche-Orient jusqu’à l’Europe des Balkans. Ces peuples ont adapté totalement ou partiellement les éléments des concepts liés aux différentes religions ou croyances : Du Bouddhisme, du Manichéisme, du Nestorianisme, du Christianisme et de l’Islam. Aujourd’hui, ils vivent majoritairement en Anatolie.

Les alevis se démarquent de l’islam officiel parce qu’ils ne vont pas à la mosqué, ni à la mecque, ne tienne pas le jeûne du ramadan,parce que les femmes Alevie ne se voilent pas,et elles assistent aux assemblées, assises à côte des hommes, parce que les alevis ne respectent  pas l’interdiction de l’alcool. C’est pourquoi ils ont été réprimés et marginalisés.

Depuis le moyen-age les Alevis ont fait l’objet d’assasinat collectif, de préssion, d’oppréssion, d’insultes constante et ils ont été frappés d’ostracisme.

 

Malgré les pérsécutions subie durant des siècles, les Alevis n’ont pas céde à la haine. Ils ont accepté tout homme tel qu’il est, quels que soient son sexe et sa couleur.

 

L’Alevisme a adopté la compassion au lieu de peur et la tolérence au lieu du catiment ;

Il s’est détourné de ce qui est dominant.

 

Historique de l'immigration Alévie

L’immigration de Turquie avec tous ses composants communautaires se confond avec le début de la période des « trente glorieuses ».
Elle a commencé, d’abord, vers l’Allemagne au début des années 1960, ensuite, vers d’autres pays d’Europe occidentale dont la France au début des années 1970. Dans les pays de l’Union Européenne, on recense aux alentours de 600.000 le nombre des Alévis de Turquie. Aujourd’hui, selon diverses sources, on compte entre 300.000 le nombre des Turcs en France dont plus de 100.000 Alévis.

Au fil des années, l’immigration qui était un phénomène conjoncturel est devenu un phénomène structurel. Elle est représentée dans toutes les catégories socioprofessionnelles. Ce constat est également, valable pour les immigrés alévis qui ont tendance à s’installer en France. La deuxième génération alévie commence à se manifester aussi bien sur le marché du travail que dans les services sociaux et elle devient consommatrice de droits.

 

 

Difficultés de notre public

 

Les différences de culture, des traditions institutionnelles et politiques, également celles des mentalités constituent des obstacles pour l’intégration.

L’une des difficultés essentielle est, sans conteste, le handicap linguistique. La communication orale et écrite est vécue comme problématique par une très grande majorité des membres de notre communauté. L’illettrisme, l’analphabétisme et la non maîtrise de la manque française constituent de réels obstacles pour l’accès aux droits et l’usage de ces derniers.

Un autre problème consiste en la méconnaissance des circuits administratifs et des difficultés de relations peuvent exister entre les services institutionnels.

Les qualités qui caractérisent les Alévis, ce sont leur adaptation aux milieux dans lesquels ils évoluent.
L’approche de notre Fédération découle de cette analyse. Tout doit être mis en œuvre pour accepter et respecter l’homme dans toutes ses dimensions.

Nous considérons que l’intégration des populations immigrées et des Alévis entre autres, suit un processus commençant par l’insertion sociale et professionnelle débouchant sur l’intégration dans la société.

 

A.C.A.T.S

ASSOCIATION CULTURELLE DES ALEVIS DE TURQUIE A SELESTAT

 

L’A.C.A.T.S a été crée en 1995 pour le but  de regrouper les Alevis de Turquie vivant dans centre Alsace. Elle va leur donner les moyens d’apprendre et de connaître ses origines et de retrouver son identité pour mieux s’intégrer dans sa propre culture. Elle organisera et fera vivre les traditions culturelles des ALEVIS d’Anatolie.

Elle a pour but l’égalité des droits pour tous en France et lutte pour l’application des principes d’amitié et de paix entre les peuples.

 

ACATS avec ses 200 membres aide a l’intégration des alevis. ACATS est membre fondateur de Fuaf ( fédération des union des alevis en France) et par FUAF est membre de Konfédération des Alevis en Europe.

 
 



FUAF ( LA FEDERATION DE L’UNION DES ALEVIS EN FRANCE)

 

 

La Fédération de l'Union des Alévis en France a été fondée à Strasbourg Le 24 Janvier 1998,
date à laquelle les représentants des quatorze associations culturelles alevi de Paris, Strasbourg, Saverne, Sélestat, Phalsbourg, Altkirch, Mulhouse, Besançon, Haguenau, Montbéliard, Epinal, Bar-le-Duc, Lyon, et Narbonne se sont réunies dans la capitale européenne et ont scellé leur union lors d'un congrès chaleureux et unitaire auquel ont également assisté de nombreuses personnalités de France et de Turquie.

Le congrès fondateur de la FUAF, réunissant plus de 2000 délégués et participants venus de toute la France, s'est achevé par un grand concert populaire témoignant de la richesse et de la diversité de la musique traditionnelle d'Anatolie.
La fédération des Associations Alevis de France, qui voit le jour après plusieurs années de démarches réciproques et de travaux communs entre les associations alevis de France, s'affirme désormais comme le représentant suprême des Alevis de France.

 

Son but principal est d'aider les Alevis à préserver et à faire vivre en France leur culture millénaire et les valeurs universelles qui s'y rattachent, par le biais de la coordination des activités culturelles et la création de moyens d'action communs, et de faire connaître cette culture méconnue du public français.Pour ce faire, elle organisera en commun avec les associations membres, diverses manifestations culturelles, créera des instituts et des organes de recherche, d'information et de diffusion et établira des relations de contacts et de partenariats avec les universités et les centres de recherches, de même qu'avec les autres fédérations et associations alevis hors de France.

La FUAF a été crée le but de développer, de faire connaître et de perpétuer la culture alevi. Mais également d'effectuer des recherches scientifiques et d'aider les Alevis de France à s'intégrer dans la société d'accueil.

 



Persécution et préjudice sur les Alévis:

Les Alevis ont été persécutés pour leur croyance et valeurs culturelles pendant des siècles des temps du Seljoukides ottomans et à la période républicaine récemment.

Historiquement, ils ont été la cible du préjudice et des calomnies, c'est pourquoi ils n'ont que tout récemment -- dans les années 90 - commencé à mettre en avant publiquement leur identité. Divers organismes de foi et de culture ont été également établis dans cette période.

Un exemple répandu de préjudice contre les Alévis est l'idée de « mum söndü» ou « la bougie est éteinte » basé sur la croyance fallacieuse que pendant les cérémonies de cem tenues en soirée, toutes les lumières sont éteintes pour préparer le terrain pour des orgies incestueuses et adultères.

Juste pour démontrer jusqu'où cette sorte de préjugés peut aller, nous pouvons regarder en arrière le février 1997, quand le scandale de Susurluk, qui révélait des liens de trafic entre la Mafia et la police turque, a secoué la nation. Les citoyens mobilisés par les médias ont mis en scène une campagne contre la corruption dans des établissements d'Etat appelés, « une minute d'obscurité pour l'éclaircissement éternel. » Tous les citoyens qui ont voulu montrer leur soutien à un gouvernement propre et transparent ont été encouragés à éteindre les lumières dans leurs maisons pendant une minute à 9:00 P.M. chaque nuit pendant un mois. Pour exprimer le dédain envers cette protestation, le ministre du gouvernement de la justice a dit de la pression nationale : « ils font « la bougie est éteinte»

Un autre exemple démontrant les partis pris hostiles contre les Alévis concerne la limite Kizilbas, un mot historiquement utilisé pour des groupes d'Alevis en Anatolie plus tôt mais utilisé de manière péjorative dans le contexte d'aujourd'hui. En 1997, un hôte de jeu télévisé populaire avait l'une de ses aides féminines avec une robe comme si elle était enceinte dans une parodie représentant l'humour brute à son sommet. Il lui a dit que, « j'espère que le bébé n'est pas de moi, » ce à quoi la fille a répondu ironiquement, « non, il est de mon père. »

Le bon mot de Güner Ümit, "Oh, je ne savais pas que vous étiez un Kizilbash," lui a coûté sa carrière à la TV et a aussi contribué à la discussion des préjugés contre les Alévis dans la publicité. L'incident a trouvé une répercussion si grande dans les médias, que maintenant on peut à peine trouver une personne turque qui était en âge de comprendre et qui ne se rappelle pas de l'incident.

Les Alévis ont également été sujets à la violence de masse dans les trois dernières décennies. La violence anti-alévie a atteint son sommet vers la fin des années 70 et au début des années 80 avec les massacres dans les villes de Çorum et de Maras. Dans un exemple plus récent, en juillet 1993, l'association Pir Sultan Abdal avait préparé une conférence à Sivas, à laquelle Aziz Nesin, qui n'était pas Alévi mais était méprisé par les bigots religieux pour sa franchise contre le fanatisme religieux, allait prendre part.
Vendredi après-midi, le 2 juillet, une foule religieuse protestant contre la conférence et la présence de Nesin, s'est réunie devant l'hôtel où la conférence se tenait et a mis le feu à l'hôtel tuant 37 individus incluant certains des auteurs les plus célébrés, des poètes et les artistes de la communauté Alévie et de gauche.
La négligence officielle durant et au lendemain de l'événement a également attiré la grande colère de la communauté Alévie aussi bien que du reste de la population sensible au sujet des valeurs laïques.

En mars 1995, quelqu'un a ouvert le feu à la mitrailleuse dans un café du quartier principalement Alévi de Gaziosmanpasa à Istanbul. Deux hommes ont été tués, y compris un grand-père Alévi pendant les tirs.
Les résidents ont de nouveau estimé que la police tardait à prendre des mesures pendant la fusillade et qu'elle a échoué à mener sérieusement son enquête ensuite. La tension est montée et durant quatre jours de manifestations dans divers quartiers d'Istanbul, plus de 15 personnes désarmées, surtout Alévis, ont perdu la vie du fait de blessures par balle ou d'autres violences.

Alévis, études politiques, questions :

La Turquie a récemment été divisée sur des discussions sur les interprétations de laïcisme. Dans ce débat, les Alevis sont universellement du côté des valeurs de démocratie envers le rôle accru de la religion dans la société. La plupart des Alévis soutiennent les valeurs de gauche.

Presque sans exception, les Alévis sont pour l'égalité des droits pour les minorités et les femmes, la règle de la loi constitutionnelle, la tolérance et l'égalité des droits pour toutes les religions, et la liberté de parole, une conséquence normale des éléments progressistes trouvés dans leur système de croyance et style de vie.

Les questions principales pour les Alévis sont aujourd'hui les cours exigés sur la religion dans les écoles, l'existence d'un organisme gouvernemental appelé "direction des affaires religieuses" et le fait que les Alévis devraient être officiellement identifiés en tant que groupe religieux distinct.

La première question des cours orientés sur la religion sunnite qui est obligatoire dans les écoles turques, est douloureuse pour la plupart des Alévis. Le Président du Haci Bektas Veli des Associations Culturelles, Atilla Erden, explique : "des classes de religion obligatoires sont dans les écoles une violation de droits de citoyenneté. Nous élevons nos enfants dans la tolérance et l'amour, et puis ils vont à l'école où ils sont confrontés aux concepts de la punition, de l'enfer et de la crainte. »

L'existence de la direction des affaires religieuses pose un certain nombre de questions. Bien qu'elle soit financée par le budget national, en d'autres termes par des impôts payés par tous les citoyens de Turquie, la direction sert uniquement les besoins de la communauté sunnite.

L'association de Cem (Cem Vakfi) dirigée par Izettin Dogan, a été en contact avec tous les gouvernements régnants depuis le début des années 90 pour mettre fin à la discrimination, exigeant une part égale du budget de la direction. La direction recrute des dizaines de milliers d'imams musulmans, les assigne aux mosquées et paye leurs salaires mais pas un seul Alévi ne peut être trouvé parmi eux puisque la direction ne reconnait pas la religion alévie.

Cem Vakfi avait également organisé une lutte légale pour l'égalité. Le président de l'association, Izettin Dogan déclare sur ce point : « Nous avions continué la lutte [pour nos droits] à un niveau gouvernemental depuis 1991. Nous avons été en contact avec tous les gouvernements régnants depuis cette époque. Nous leur avons expliqué l'importance qu'il y a pour les Alévis à protéger la paix sociale et avons réclamé des mesures légales. Nous avons averti les gouvernements que la Turquie pourrait avoir un problème alévi, en plus de son problème Kurde. En général, jusqu'à ce que le parti de la Justice et du développement (AKP) arrive au pouvoir, la plupart des gouvernements ont voulu trouver des solutions, mais se sont plaints de l'attitude la direction des affaires religieuses (Diyanet). »

Le souci de Cem Vakfi concernant la construction des maisons de cem par la direction des affaires religieuses en 1997 a été adressé publiquement par les premiers politiciens de Turquie comprenant le premier ministre Mesut Yilmaz lors des festivités de cette année pour commémorer Haci Bektas. Le gouvernement a promis cette fois à la communauté entière des Alevis, et non simplement représentants du Cem Vakfi, que la discrimination finirait, et les maisons de cem seraient considèrées en tant qu'égales aux mosquées. Dogan explique, « que c'était en effet un développement significatif, mais que rien n'a changé à la fin. »

Deux des activités principales favorisées par le département de la religion incluent l'organisation des pélerinages à la Mecque et l'aménagement du calendrier pour jeûner pendant le Ramadan. En d'autres termes, la direction ne fait rien pour les Alévis, mais à la place, comme Atilla Erden le précise : « Ils indiquent aux Alevis de visiter des mosquées, au lieu de construire des maisons de cem. La direction des affaires religieuses ne satisfait pas les demandes des Alévis, ce qui, avant toute autre chose, est un manque de respect »

Certains soutiennent que la direction n'a aucune place dans un état laïc tandis que certains Alévis soutiennent qu'elle devrait continuer à exister, mais devrait reconnaître les Alévis comme séparé et égaux à d'autres groupes religieux et diviser le budget proportionnellement.

 

 

 

Extrait des Archives de la FUAF

            UNE RENAISSANCE ALEVI


Une pensée humaniste

Depuis des siècles, les alévis sont victimes des persécutions des pouvoirs sunnites. L’histoire des alévis, comme celle de tous les hommes qui ont soif de liberté, est marquée par des insurrections et des massacres. Malgré toutes les formes d’extermination, les alévis sont restés fidèle à leur pensée.

L’alévisme est avant tout une philosophie humaniste et universelle. L’alévisme est le fruit des philosophies et des croyances issues d’Asie Centrale, d Anatolie , de Mésopotamie et d’Arabie. L’alévisme est une synthèse des différentes croyances ( polythéistes et monothéistes ) et philosophies qui ont existé dans ces différentes régions. Renier le rôle joué par ces croyances dans la formation de la pensée alévi, reviendrait à renier l’essence même de la pensée alévi.


Le zoroastrisme, le dualisme, le chamanisme, l’islam et bien d’autres pensées ont marqué l’alévisme de leurs empreintes. Les alévis s’opposent sur de nombreux points à l’islam. Il existe un profond fossé entre l’alévisme et les religions monothéistes, notamment l’islam.

Les alévis sont les représentants des pensées et des croyances pré-islamiques. Ils sont les symboles de la résistance de ces pensées face à un islam impérialiste et oppresseur. Les paroles « eline, diline, belline sahip ol » attribuées à Haci Bektas ressemblent fortement à la triade zoroastrienne : la Bonne Pensée ( Humata), la Bonne Parole ( Hukhta ) et la Bonne Action ( Hvarshta ). Les exemples d’éléments pré-islamiques ne manquent pas dans la pensée alévi. Il n’est pas nécessaire d’entrer dans les détails historiques et philosophiques. Il existe de nombreux ouvrages à ce sujet.

Certes, l’islam a fortement influencé les alévis mais de là à dire que les alévis sont des musulmans serait une grande erreur à mon sens. Si les alévis étaient des musulmans, pourquoi toutes ces persécutions ? Il est important d’analyser en profondeur la philosophie alévi et les conditions historiques de son émergence pour pouvoir la situer par rapport aux autres croyances.

Il n’est pas nécessaire d’entrer dans un débat sur les origines et la pensée alévi. Laissons ces questions aux historiens et aux intellectuels alévis. La pensée alévi fait peur aux systèmes politiques et religieux car elle place les valeurs humaines et l’homme au-dessus de tous.


Une pensée progressiste

Tout au long de l’Histoire de l’Humanité, des hommes seront persécutés pour avoir remis en cause le système en place. A toutes les époques, toutes les pensées progressistes ont été persécutées par les pouvoirs en place. Le Christ a été crucifié parce qu’il prônait l’égalité entre tous les hommes à une époque où des hommes avaient droit de vie ou de mort sur d’autres hommes. Les prophètes Zoroastre et Mohamed seront persécutés pour leurs idées qui étaient révolutionnaires pour leur époque.


Lorsque les pensées persécutées arrivent au pouvoir, ces pensées témoignent de la même intolérance que leurs prédécesseurs envers les nouvelles pensées progressistes. Les partisans d’un dieu unique imposaient leurs pensées en tenant d’une main le sabre et de l’autre la parole de dieu. La conversion des hommes au monothéisme s’est fait pour une grande partie dans le sang.

Les hommes ont vécu dans la crainte d’un être suprême et d’un jugement divin pendant des siècles. Cette terreur imposée par les religieux à la population sera la cause d’horribles massacres entre les hommes des différents groupes ethniques et religieux. La religion a toujours été un prétexte pour justifier les ambitions impérialistes des bons croyants. On remarque que les bons croyants sont plus attachés aux biens de ce monde qu’ à celui de l’au-delà. Il est plus facile de tuer au nom du tout puissant qu’à son propre nom.

Une pensée progressiste est une pensée qui œuvre pour le développement de l’Humanité. Une pensée progressiste est une pensée qui s’adapte au monde et qui se remet perpétuellement en question. La pensée alévi est une pensée qui œuvre pour le développement de l’homme. La philosophie alévi considère l’homme comme un être libre et un créateur ( un dieu ). Le « Enel Hak » exprime bien cette notion d’homme dieu.

Une pensée imposée comme une vérité absolue et incontestable ne fera nullement progresser le monde. Une pensée qui refuse la critique constitue un obstacle au développement de l’Humanité. Ainsi, les religions monothéistes constituent un véritable obstacle au développement de l’Humanité. Les religions monothéistes enlèvent à l’homme la faculté de développer son esprit critique. L’homme devient le prisonnier de ses propres pensées. L’Homme n’est le maître de rien, il n’est qu’un objet aux mains d’un dieu tout puissant.

On n’est pas là pour faire l’éloge de la pensée alévi et la critique des religions monothéistes. Cette tâche ne nous incombe pas mais il est parfois nécessaire de rappeler certaines vérités.

Une meilleure connaissance de la philosophie alévi par la population sunnite aurait pu éviter de nombreux événements dramatiques. De nombreuses personnes auraient adopté la philosophie alévi si les autorités politiques et religieuses n’avaient pas donné une fausse image de l’alévisme.


Les alévis et la république

Mustafa Kemal ne respectera aucune des promesses fait aux différentes communautés religieuses et ethniques. Un véritable génocide culturel se mettra en place à partir de l’instauration de la république. La république fondée par Atatürk est une république fasciste et raciste. Une véritable politique d’assimilation et d’extermination sera mise sur pied face aux différents groupes religieux et ethniques.

Les espoirs des alévis d’une république laïque tomberont à l’eau. Les alévis sont contraints à vivre de nouveau dans la clandestinité. L’état utilisera tous les moyens pour faire disparaître la culture alévi. Lorsque le génocide culturel sera inefficace, l’extermination physique prendra le relais.

Les alévis et les autres groupes ( ethniques et religieux ) ont donné leur vie pour cette terre. La république de Turquie doit son existence à toutes les communautés qui se sont battus pour sa libération et sa création. Le reniement de l’identité des différents groupes ethniques et religieux constitue la honte de la Turquie.


Les alévis et les autres communautés paient des impôts dont une grande partie va au ministère des cultes aux mains des sunnites et des nationalistes turcs. Cette argent sert à islamiser les communautés non-musulmanes et à turquiser les différents groupes ethniques. Cette politique d’extermination culturelle est le fondement de l’idéologie kémaliste.

L’idéologie socialiste eu un grand écho parmi la communauté alévi à cause de son universalisme et de son humanisme. Il y a plus de points communs entre la philosophie alévi et le socialisme que les autres formes de pensées religieuses et politiques. Une grande partie des révolutionnaires de Turquie sont des membres de la communauté alévi. La pensée alévi et l’islam radical s’affrontaient au travers des révolutionnaires et des nationalistes.

La république auto-proclamée démocratique et laïque de Turquie a détruit une grande partie de la culture alévi. La disparition de la culture alévi constituerait une grande perte pour l’humanité.

La Renaissance des alévis.

Ces dernières années, les alévis semblent avoir trouver un espace de liberté mais aucune reconnaissance au niveau politique. La communauté alévi n’est pas une communauté homogène : on peut distinguer un alévisme pro-étatique et un alévisme de gauche. Comment peut-on être les gardiens d’une république qui ne reconnaît pas notre existence? Une union des alévis semble très peu probable à cause des divergences internes.

Les années 90 marquent un grand tournant dans l’histoire de la communauté alévi. Les alévis se regroupent au sein d’associations en Turquie et en Europe. Que les alévis sortent de leur silence à cette époque n’est pas sans relation avec la sale guerre menée au Kurdistan du nord et les exactions commises contre les alévis durant cette période.

Les chaînes télévisées alévis apparues récemment sont un moyen pour les alévis de faire connaître leur culture à leurs frères sunnites. Ces chaînes sont un moyen pour l’état de jouer la carte alévi face à la montée en puissance des fondamentalistes musulmans et aussi un moyen pour éloigner les alévis kurdes de leur mouvement de libération national.

Les alévis pourraient jouer un rôle déterminant dans la démocratisation de la république de Turquie. Les alévis ont besoin d’être représentés sur la scène politique turque et européenne. Une organisation politique, défendant les droits des alévis au niveau politique, est indispensable aux alévis car les partis traditionnels ont exploité les voix des alévis pour leurs propres intérêts personnels. Les alévis ne doivent pas se fier aux belles promesses fait par les politiciens avant les élections.

Les alévis désirent avant tout une reconnaissance de leur identité au niveau politique. Ils veulent que la pensée alévi soit enseignée dans les écoles aux enfants alévis. Les alévis ne veulent pas être des citoyens de second rang. Ils réclament tout simplement une véritable démocratie et laïcité en Turquie.

 

 

 

 

 

Extrait des Archives de la FUAF


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